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Jours Fériés en France

Mis à jour : 7 juin 2019


Vous avez pu voir au cours de mes différents posts des mentions à une personne : Éva Leygnac quant à certaines photos que je poste. J'ai donc décidé de vous présenter cette talentueuse artiste.


Éva Leygnac - Jours Fériés en France

Jeune fille des années 90, Éva Leygnac, également connue sous le pseudonyme de Jours Fériés en France, est une artiste engagée. De par ses créations, elle veut partager sa passion pour l'art tout en sensibilisant les gens aux divers problèmes sociaux.


Passant par la photographie, le dessin ou encore la création d'objets, Éva n'a pas peur d'expérimenter et d'aller au delà de sa zone de confort. À son compte à 22 ans, elle a eu la chance d'exposer pour le compte de la RATP, sur la ligne 6 du métro parisien, mais également à Deauville ou à l'atelier Gustave.


De par cette interview, je vous invite à découvrir l'artiste qu'elle est, ainsi que son univers.







Coucou Éva, je te remercie d'être là ! Si tu nous disais comment s'est présentée cette envie d'être artiste ?


Hello Basma, c'est un plaisir ! Cette envie s'est présentée au collège. J'avais pour projet d'art plastique la réalisation d'une affiche pour un spectacle de théâtre et je m'étais prise à la dernière minute. Je me souviens que j'avais pris toute une nuit quasiment pour la faire et le lendemain, en cours, j'étais très fière de présenter mon travail à mon professeur d'art plastique. Il l'a mise super loin et m'a dit "Mamamia !". Au début, je ne savais pas trop comment le prendre, mais finalement, c'était une bonne critique. Malgré cela, je n'ai pas été sélectionnée car j'avais dépassé le délai.


Au début c'était une vocation ou un simple hobby ?


C'est venu super tôt mais c'est vrai que je savais pas encore quoi faire au collège, mais j'avais toujours cette envie de créer. Je savais que j'avais un début de potentiel même si avant je voulais être institutrice pour des élèves de CE1 précisément. Dès la maternelle, j'étais beaucoup stimulée créativement parlant. Je me souviens même, que ma prof de maternelle avait dit à mes parents que lorsque je dessinais, je ne débordais pas.


Quel a été ton parcours ?


C'est assez drôle car l'art plastique a beaucoup guidé mes choix dans mon parcours artistique. Au lycée, j'étais partie pour une Première Scientifique mais j'avais beaucoup de difficultés, du coup, je me suis orientée vers une Terminale Littéraire. Et c'est surtout grâce à l'art plastique que j'ai pu avoir mon BAC finalement ! J'avais pris option art plastique facultative. Une fois mon BAC obtenu, j'ai intégré une prépa artistique, qui est l'Atelier de Sèvres, sur un an officiellement mais 6 mois officieusement vue que ça m'a un peu déboussolée du fait d'être un peu lâchée comme ça, dans un système où on nous prévient pas de ce qui va se passer. J'étais un peu désarmée et pas forcément assez mature pour ça, notamment à cause du stress et de la production intensive.


Après ces un an de prépa, j'ai intégré une école qui s'appelle Studio Créa Paris, qui est une école de graphisme, de design, d'objets, d'architecture et de photographie. Comme j'avais déjà fait une année de prépa, j'ai été intégrée en deuxième année directement. C'est donc un cursus sur 3ans, l'équivalent d'une licence ou d'un bachelor à niveau international. En troisième année, j'ai dû choisir entre le graphisme et la photographie. Je me suis donc spécialisée en photographie comme j'avais des facilités et que le graphisme est un domaine où il faut suivre un cahier des charges, répondre à une demande et que je préfère mieux m'éclater, être un peu plus libre !


Après mon diplôme, j'ai fait une année sabbatique pour reprendre mes études l'année d'après. J'ai repris à l'Atelier de Sèvres, mais sur un niveau supérieur comme j'avais déjà un BAC +3. Mais l'école ne me convenait toujours pas, j'y allais en me disant que tout allait bien se passer, que je savais à quoi m'attendre et que j'étais suffisamment mature pour prendre les bonnes décisions, sauf que cette école ne m'a pas du tout plue. En fait, elle ne me correspondait pas.


Je pense que t'as dû avoir des critiques du fait qu'être artiste ce n'est pas vraiment un métier, t'en penses quoi ?


C'est vrai que quand t'es pas sûr de toi c'est assez contraignant mais tu as envie d'y croire parce que tu n'es pas la première personne à passer par ce métier. Maintenant, l'art s'est beaucoup plus démocratisé, différents courants ont vu le jour et finalement j'ai aussi la chance d'être bien entourée. Mes proches croient en ce que je fais mais ils ont un peu peur que je m'y perde.


Et justement, au fil du temps, tu n'as pas peur d'avoir pris une mauvaise décision en ayant fait de l'art ton métier ?


Je ne suis pas effrayée même si j'avoue ne pas avoir de plan B. Pour l'instant, je crois en ce que je fais et mon entourage aussi, donc je suis plus ou moins confiante.


Comment définis-tu ton univers, quelles sont tes sources d'inspiration ?


Je traite le sujet de l'intime, de l'identité d'une personne ou d'un groupe social. J'ai un univers sarcastique dans le sens où j'aime bien trouver des choses d'apparence assez drôles et que quand tu t'y plonges, tu découvres quelque de chose de bien plus triste et sombre. J'aime bien que le spectateur devant moi soit intrigué par ce que je fais et qu'après, il creuse pour découvrir que ce n'est pas seulement du premier degré, qu'il y a un message derrière tout ça.


De par ce fait, te considères-tu comme une artiste engagée ?


Clairement ! Je m'intéresse à des problèmes sociaux qui peuvent être parfois anodins. J'aime y donner mon avis que ce soit sur le dernier sujet que je traite en parlant de l'environnement ou que ce soit sur les marabouts où je fais un parallèle entre les conditions de vie en Afrique et en France. J'avais également un autre sujet qui s'appelait "Homme & Machine" où je décrivais la relation qu'ont les hommes avec leurs créations technologiques, ce qu'elles peuvent présenter comme failles tout en étant un bon gagne temps. De par mon art, je veux que les gens apprennent les choses de manière rigolote et non de manière académique.


Quels sont les artistes qui t'inspirent ?


J'ai mon "père photographique", Joan Fontcuberta, que j'ai découvert en Tel. Il fait beaucoup de photos montage et dénonce la propagande que les médias nous servent, que ce soit les journaux, à la télé ou Internet. Il créé tout ça pour qu'on puisse développer notre esprit critique. Il nous fait réfléchir en prenant du recul et c'est un artiste qui se prend pas du tout au sérieux.


Il y a également Pierre et Gilles qui m'a inspirée pour le projet "Marabouts" car il a un univers hyper kitch. C'est un travail à quatre mains. Le premier photographie et le second retouche les photos par de la peinture. Ils traitent des sujets identitaires ou sociaux à travers la France.


Pourquoi cette envie de te mettre à ton compte malgré ton jeune âge ?


Je pense que j'ai été influencée parce que j'en parle autour de moi et mon entourage me dit que j'ai les capacités pour être à mon compte. J'ai également pu constater que d'une école à une autre, le schéma était plus ou moins le même, qu'on apprenait plus ou moins les mêmes choses. J'avais l'impression d'avoir fait le tour, d'avoir appris tout ce que je devais apprendre. C'était aussi un challenge de pouvoir commencer tôt pour voir si je suis prête pour le métier ou si justement je dois me reconvertir professionnellement. J'avais également calculé le fait de terminer mes études un peu plus tard vers 28 ans, ce qui est tard pour entrer dans le milieu artistique. Au final, on peut se rendre compte que la réalité n'est pas la même à l'école que dans le milieu du travail, qu'il y a un vrai fossé.


Dans quel domaine artistique te sens-tu le plus à l'aise ?


J'ai des facilités en photographie mais j'adore pouvoir me renouveler. Quand tu as des facilités, tu peux être vite tenté de te reposer sur tes lauriers. Il se trouve que je suis quelqu'un qui aime bien les défis. J'apprécie de travailler de nouveaux matériaux, comme l'année dernière où j'ai pu travailler la broderie alors que je n'en avais jamais fait.


As-tu déjà eu l'occasion de collaborer avec d'autres artistes ?


Je suis l'assistante de Sepand Danesh, un artiste iranien.


Je sais que tu n'aimes pas trop en parler mais si tu nous disais quelques mots sur ton projet actuel ?


J'ai repris un sujet que j'avais à l'école et il me semblait intéressant à retravailler. J'avais donc créé des peluches réalisées à partir de sacs plastique et pour ce nouveau projet, j'ai décidé de me focaliser à nouveau sur les enjeux du plastique.


Et pour finir, peux-tu nous dire quelques mots sur les expositions que tu as pu faire ?


L'exposition que j'ai faite pour la RATP était une commande pour mon école où il fallait faire des photos pour montrer que la ligne 6 pouvait être agréable à prendre. J'ai donc été sélectionnée pour être exposée notamment à la station Bir-Hakeim où il y avait la majorité de mes photos.


J'ai également été exposée à Deauville dans l'atelier de ma professeure de nu. Pendant une résidence, je devais photographier Deauville de la manière dont je percevais la ville. À travers mon argentique, j'ai voulu montrer Deauville sans son côté superficiel.


Merci beaucoup Éva !


Vous pouvez retrouver Éva Leygnac sur Instagram mais également sur son site internet.



Marabout, Photographie 2017



Hommes/Machines, Photographie 2016


Accalmie (Dauville), Photographie 2016


RATP, Photographie 2015

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